Le vendredi 16 septembre 2016, soirée chauves-souris

 

organisée à l’Espace Véron (Cérans-Foulletourte) par la Salamandre et la LPO. Julien Moquet, du Mans, présente brièvement la LPO de la Sarthe, créée en 2003. Elle compte environ 500 adhérents, dont une quinzaine de bénévoles actifs, et 8 salariés. La Sarthe compte quelque 250 refuges LPO, qui sont gérés nationalement.

Les chauves-souris, qui ont toujours apprécié les combles d’église, sont malheureusement en concurrence avec les chouettes et les pigeons. Or beaucoup de combles sont grillagés pour empêcher les pigeons de nicher. La LPO propose plusieurs types de nichoirs ou gîtes à chauves-souris.

Combien d’espèces en France ? 34, dont 20 en Sarthe. Il existe en effet quatre espèces de pipistrelles, 7 espèces de murins, 4 espèces de rhinolophes (dont trois en Sarthe), 3 espèces de noctules (espèces forestières), 3 espèces de sérotines (grandes pipistrelles), 2 espèces d’oreillards et plusieurs barbastelles (forestières).

Après le diorama et les explications sur l’hibernation, la reproduction et les nurseries, nous sortons pour rencontrer les chauves-souris avec les appareils d’écholocation. Nous entendrons quelques pipistrelles communes, mais la soirée est fraîche et venteuse, donc peu propice aux sorties d’insectes et leurs prédateurs nocturnes.

 

 

Compte-rendu de Roger Cans.


                     Sortie de la Salamandre dans le Saumurois le samedi 10 septembre 2016

 

Rendez-vous a été pris le samedi 10 septembre 2016 à 9h à La Flèche, où le covoiturage a été organisé avec six voitures pour 19 personnes. Au programme de la journée, préparé par Florent Gobert, des visites de musées et d'églises le long du val de Loire, dans le Saumurois.

Nous commençons par la visite du Musée du champignon de Saint-Hilaire/Saint-Florent, avec une jeune guide attachée à notre groupe. Nous pénétrons dans une galerie délicieusement fraîche par ce temps de canicule : 12° et 90% d’humidité ! Petite laine indispensable. Nous sommes dans une ancienne carrière de tuffeau, où l’on nous explique la technique d’exploitation. Les anciens carriers maniaient le pic pour creuser des saignées autour de la roche à extraire de la paroi, puis ils glissaient des pièces de bois dans les saignées pour les faire éclater en les imprégnant d’eau. Ils arrivaient de la sorte à extraire des masses de plusieurs tonnes, qu’ils faisaient basculer de la verticale à l’horizontale sur des pièces de bois appelées chandelles. La table ainsi extraite était ensuite roulée à l’extérieur pour être découpée à la scie.

Le tuffeau, calcaire friable et spongieux, n’est pratiquement plus exploité pour la construction. En fait, une seule carrière a été maintenue en exploitation pour restaurer l’ancienne prison de l’abbaye de Fontevraud,  classée monument historique. L’extraction du tuffeau se fait aujourd’hui par haveuses, comme pour le charbon.

Et l’on pénètre dans les galeries dédiées aux champignons. On commence par le plus commun : le champignon de Paris ou rosé des prés. Il est appelé champignon de Paris, car sa culture a commencé autrefois à Paris, dans les catacombes. Le Saumurois a pris le relais avec ses 2.000 km de galeries et le crottin de son Ecole nationale d’équitation (Les Cadets de Saumur). Aujourd’hui, 95% des champignons de Paris sont cultivés dans le Saumurois. Mais le plus gros producteur est actuellement la Chine (500.000 tonnes), puis les Etats-Unis et le Canada (à peu près autant à eux deux), puis la Pologne et les Pays-Bas, et enfin la France.

La technique de reproduction se fait par les spores : on découpe le chapeau d’un champignon adulte, que l’on dépose sur une feuille de papier. En 48 heures de « sporée », on obtient jusqu’à 5 millions de spores ! On fait germer les spores en les plaçant dans une boîte de Pétri garnie de gélose, puis on les place sur des grains de blé germé où ils forment leur mycélium. Il ne reste plus qu’à semer les grains de blé couverts de mycélium, à l’aspect de moisissure blanche. On sème dans un terreau à base de crottin de cheval, en provenance des haras, centres équestres, Garde républicaine, etc., auquel on ajoute de l’urine de vache.

Une question : doit-on ou non cueillir le champignon au couteau ? Surtout pas ! Si l’on veut conserver le champignon au moins trois jours, il faut le prélever entre le pouce et l’index afin de conserver la volve, ce qui donne un « pied terreux ». Si on coupe la tige au couteau, le pied coupé se dessèche très vite et le mycélium resté dans le sol va pourrir avec la volve. Donc plus de champignon à la saison suivante. Pour cuisiner les champignons, il ne faut ni les éplucher (pour conserver l’arôme) ni les faire tremper. Le mieux est de les rincer ou de les nettoyer à l’essuie-tout. La guide en profite pour vanter les deux spécialités du coin : la « fouée » et la « galipette », un gros pied de champignon qui a versé (d’où le nom) et que l’on déguste à l’apéritif grillé à l’ail et au persil.

La culture des champignons a aussi son histoire. On a commencé par la culture sur meules, des alignements de terreau moulés dans des bacs en métal et renversés sur le sol. On semait le blé germé dans le fumier de compost et, au bout de trois semaines de germination du mycélium, on le transférait sur une terre de « gobetage », contenant du tuffeau broyé pour absorber l’humidité. Le champignon était formé en trois ou quatre jours de pousse. Il existe en fait deux champignons de Paris : l’un, très blanc, qui se vend le mieux à cause de sa couleur impeccable, l’autre, « blond » (roussâtre), qui est meilleur mais moins diffusé.

La culture sur meules au sol obligeait à récolter accroupi, un métier pénible alors réservé aux femmes. On a donc eu l’idée de cultiver le champignon dans des caissons à hauteur d’homme (ou de femme !). Des premiers caissons en bois, qui pourrissaient vite, on est passé aux caissons en métal galvanisé, beaucoup plus durables. Avec un caisson contenant 600 kilos de compost, on obtient 200 kilos de champignons, cueillis en trois ou quatre « volées » (passages de récolte). La terre du caisson est ensuite donnée aux agriculteurs comme engrais organique et le caisson, nettoyé, est laissé vide durant trois mois (vide sanitaire). Aujourd’hui, les petits producteurs cultivent le champignon de Paris dans des sacs plastiques ouverts, contenant 35 kilos de compost, ce qui donne 8 kilos de champignons. Mais l’essentiel de la production se fait maintenant dans des hangars climatisés, avec caissons superposés.

Un nouveau champignon de culture est le « pied bleu », très élégant mais plus fragile. Un caisson de 600 kilos de compost ne donne que 40 kilos de pieds bleus. Ce champignon haut de gamme, qu’il faut cuire au moins vingt minutes, est expédié à Rungis pour l’exportation et les restaurants. Une autre nouveauté est le Shii-Také (= champignon d’arbre en japonais), appelé en français « lentin de Saint-Pol ». Les essais d’implantation dans l’écorce de billots de chêne ont été abandonnés, car il fallait attendre trois ans pour voir apparaître le premier champignon ! Aujourd’hui, sa culture est pratiquée dans des ballots d’écorce compactée, qu’il faut suspendre et secouer pour déclencher la pousse, comme au Japon avec les tremblements de terre. Le champignon apparaît au bout de trois mois et non plus trois ans. Le shii-také, dont on fait de la bière, a des vertus médicinales. C’est un anti-cholestérol et un antirides exploité par Yves Rocher.

La visite se termine sans la guide, le long de galeries d’exposition très riches. Il y a la salle des pleurotes, ce champignon lui aussi cultivé sur bois et commercialisé. Il en existe trois sortes : le gris (le plus courant), le jaune (très lumineux) et le rose, qui vient d’Asie mais est caoutchouteux et ne sert donc qu’en décoration. On cultive aussi le ganoderme luisant sur des blocs de sciure de bois compactée. En France, c’est pour le décor, mais en Asie, on le broie pour faire des infusions supposées conserver jeune. On cultive aussi le coprin chevelu, que l’on trouve partout sur les bords de route ou les talus bien exposés. Ce champignon peut se croquer cru lorsqu’il est encore fermé, mais il n’est plus comestible lorsqu’il est trop ouvert et devient de l’encre. Consommé avec de l’alcool, il provoque des palpitations, voire des hallucinations. Les dernières galeries présentent tous les champignons de France, en moulages ou inclusions sous plastique, classés par familles. Une exposition vraiment très complète, qui dit tout sur le champignon. A la sortie, retour dans la bonne chaleur. On nous a autorisés à pique-niquer sur place, aux tables en terrasse du petit bar.

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C’est maintenant la visite de l’autre musée, installé lui aussi dans une ancienne carrière de tuffeau : le musée Pierre et Lumière. C’est l’œuvre d’un artiste sculpteur, Philippe Cormand, né en 1961, qui était spécialisé dans la sculpture sur bois ou dans la glace. Il a notamment exercé ses talents à Disneyland. Il a passé trois ans à Saint-Florent-Saint Hilaire pour sculpter le tuffeau et livrer ainsi une vingtaine de tableaux en relief ou bas-relief représentant les sites fameux du val de Loire. Dans l’ordre de la visite : Chênehutte-les-Tuffeaux, Cunault, Trèves, Le Thoureil-Ebauches, Saint-Georges des sept voies, le château d’Angers avec ses 17 tours, la maquette complète de Vieil Baugé (17 tonnes !), Pontigné, le panorama de la ville de Saumur, sculpté pleine roche sur 12m de long, Montreuil-Bellay, les deux ensembles de l’abbaye de Fontevraud, Restigné, Montsoreau, Bourgueil, Candes-Saint-Martin, Chinon, la cathédrale de Tours et le château d’Amboise. La visite s’achève par une salle dédiée à l’ardoise, l’autre roche fameuse du Saumurois.

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Notre troupe se regroupe vers 15h au parking de Chênehutte et nous prenons la route du bord de Loire rive gauche, via Trèves et Cunault, où nous attend une magnifique église romane aux dimensions impressionnantes : la Prieurale Notre-Dame, construite entre le Xe et le XVe siècle. Ce lieu de pèlerinage autrefois fameux, qui explique la taille du bâtiment, a été remarqué par Prosper Mérimée, qui a ordonné sa restauration. Outre le bâtiment, somptueux, on y conserve quelques raretés : un chapier en chêne massif pour conserver les habits sacerdotaux et la châsse de Saint-Maxencel en noyer sculpté (13e). C’est assurément une des plus belles églises de France. En face se trouve la maison Renaissance du Prieur. Nous empruntons un petit chemin qui conduit au cimetière où se trouvent une église en ruine et une dalle dédiée à Hervé Bazin, natif du lieu. Notre président d’honneur, Jean Martin, nous attend sagement en bas, sur un banc à l’ombre.

Nous gagnons Gennes, pour jeter un coup d’œil au dolmen de La Madeleine, aux dimensions impressionnantes aussi. Il a malheureusement beaucoup servi depuis l’installation d’un four à pain à l’intérieur. Et c’est la photo souvenir de La Salamandre en goguette. Florent Gobert nous emmène ensuite à l’étang de Joreau, niché au sein d’une réserve naturelle régionale. Les courageux en font le tour, mais ce n’est pas la saison des oiseaux. Nous terminons la journée dans une église haut perchée : le mémorial Saint-Eusèbe. En partie détruite durant la guerre, l’église a été convertie en galerie d’art. Nous avons la chance que s’y tient une réception. Le mémorial est donc ouvert et l’on nous ouvre la porte de l’escalier qui conduit au sommet de l’ancien clocher, transformé en belvédère : on voit de là toute la vallée de la Loire et le pont qui conduit en face, aux Rosiers. On remercie nos hôtes, qui ne vont pas jusqu’à partager leurs libations, hélas, par cette chaleur lourde. Le mémorial est dédié aux Cadets de Saumur qui se sont sacrifiés en juin 1940 pour résister à l’armée allemande mais qui n’ont pu l’empêcher de franchir la Loire. Petit clin d’œil : la girouette du clocher n’est pas un coq mais une salamandre !

Le retour vers La Flèche s’effectue en covoiturage libre. Merci Florent pour ce beau programme !    

 

Compte-rendu de Roger Cans


La Salamandre à Fontaine Daniel (Mayenne) Samedi 25 juin 2016

 

Un premier regroupement a lieu à La Flèche pour un départ en trois voitures à 8h le samedi 25 juin 2016. La chaleur lourde est passée. Il fait plutôt frais (14°), sous un ciel changeant. Deuxième regroupement au Super U de Sablé. On repart à dix en cinq voitures. Petite escale à Chéméré-le-Roi, pour admirer l’église du 11ème siècle et la maison Renaissance sur la petite place. Traversée inattendue de la ville de Mayenne, jour de marché. Belles éclaircies à Fontaine Daniel, où nous arrivons vers 9h45.

Roger Cans est en quelque sorte « chez lui » : sa grand-mère est née à l’abbaye en 1887 et il a longtemps passé les vacances d’été dans une maison de famille construite à proximité en 1896 (« Le Fragnès »). Il emmène le groupe vers l’étang, en fait un lac formé par le barrage des moines cisterciens au 12ème siècle sur une petite rivière qui change trois fois de nom selon l’endroit. On passe l’écluse pour monter à la chapelle, moderne (1939), construite sur un promontoire de granite.

Le rendez-vous de 10h30 aux grilles de l’abbaye est respecté à la minute : le cousin Patrice Denis (82 ans), ancien patron de l’usine avec son frère Bruno (80 ans), nous accueille à la grille. La salamandre, pour lui, est l’élément de la chaleur (en théosophie)… Il nous conduit dans un immense atelier de l’usine encore en activité (en semaine). Et il nous explique comment on tisse les fils de coton sur des métiers à rouleaux, fabriqués en l’occurrence par le constructeur allemand Dornier. Certains prennent des notes. D’autres, connaisseurs en textiles, posent des questions techniques. Tout est mécanisé et informatisé. Il n’y a plus de navette pour traverser les fils mais des aiguilles électriques. Les machines les plus performantes (pas ici) remplacent les navettes par des jets d’eau sous pression, voire des jets d’air.

Lorsqu’un fil casse, il faut l’intervention manuelle du tisserand, pour renouer le fil. Une trentaine de personnes travaillent dans cet atelier : les ouvrières et quelques hommes (nettoyeur, mécanicien et divers techniciens). Il y en a eu autrefois jusqu’à 350. L’usine, depuis sa création en 1806, a connu des hauts et des bas. Les frères Denis n’ont repris l’usine qu’en 1836, pour seconder l’héritière, Sensitive Armfield, la fille d’un industriel anglais du tissage installé en France. De tissus solides à l’origine (drap militaire, chemises et bourgerons de paysan), les Toiles de Mayenne ont basculé en 1996 sur les tissus d’ameublement haut de gamme. L’usine ne fabrique ni velours, ni jacquard, ni toile de Jouy. Elle n’imprime plus mais achète des tissus imprimés sur commande. On peut voir dans l’atelier de la toile déjà fabriquée mais encore sur les rouleaux. Du tissu pour store, parasol ou chaise longue.

Patrice Denis nous fait ensuite visiter le cloître, dont il reste deux ailes à promenoir couvert, et deux murs sans promenoir, l’un adossé à l’église abbatiale détruite pierre à pierre à partir de 1806, et l’autre ouvrant sur la sacristie et la salle capitulaire. Les dortoirs des moines, à l’étage, ont été supprimés pour les besoins de l’usine. Patrice Denis précise que l’abbaye ne mélangeait pas les moines clercs, chargés de la prière et des études, et les frères convers, travailleurs manuels chargés de la subsistance matérielle de l’abbaye. De l’église abbatiale, immense, dotée d’un clocher très haut, il ne reste qu’un pilier de transept faisant le coin d’un mur. Tous les documents entreposés dans l’abbaye ont été brûlés sur une place de Mayenne en 1796.

Nous longeons un bâtiment du 18ème siècle, avec fronton orné du blason du duc de Mayenne. Mais, toujours pour les besoins de l’usine, l’intérieur a été complètement transformé, avec de grandes fenêtres et de solides grilles, pour éviter l’intrusion de tisserands à domicile jaloux de la concurrence mécanique. Et nous débouchons sur la façade sud de l’abbaye, qui abrite la grande salle à manger du prieur, entièrement lambrissée de panneaux de chêne sculpté, et le chauffoir à voûte cistercienne, qui sert de cuisine à la famille de Grégoire Denis, le nouveau patron des Toiles de Mayenne (nous ne visiterons donc pas l’intérieur pour ne pas déranger).

Nous admirons au passage un énorme et superbe platane, sans doute planté comme arbre de la liberté pendant le Révolution. La grande prairie, qui fut un jardin à la française à ses débuts (en témoigne les dessins qui apparaissent en cas de sécheresse) a été converti en parc à l’anglaise. Deux tilleuls taillés en boules encadrent la grande façade. Nous remontons le long du bâtiment ouest, où ont été découverts des arcs d’origine enfouis, ce qui a permis d’ouvrir une nouvelle entrée, avec une porte en chêne massif dessinée d’après un modèle ancien. Au fronton, toujours le blason en granite du duc de Mayenne. Un peu plus haut, on entre dans un immense cellier voûté d’origine, appelé « les Cacaudières » (où on entreposait les caques ou barriques). La salle sert aujourd’hui à tout : garage, banquets, retours de chasse, enterrements, etc.

Pour finir, Patrice Denis nous ouvre la chapelle, pour que nous admirions les vitraux de l’intérieur. La chapelle, dessinée par son père, Jean Denis, alors patron de l’usine, a été construite en 1939-1940. Bien que protestant, comme toute la famille Denis depuis l’alliance avec les Armfield, Jean Denis était soucieux du confort de ses personnels obligés de faire 7km à pied chaque dimanche pour se rendre à la messe à l’église paroissiale de Saint-Georges-Buttavent, la commune de rattachement. Et c’est lui qui a dessiné les motifs des vitraux, que son fils nous détaille. Les bancs sentent bon la cire et des fleurs fraîches sont disposées devant l’autel, mais nous ne savons pas encore pourquoi. A l’extérieur, Patrice Denis explique à son cousin que « les pas de la fée », où sa grand-mère cachait pour lui des friandises, sont les traces des trous creusés dans le granite par les carriers pour faire éclater la pierre avec du bois mouillé.

Nous remercions notre hôte et nous nous rendons vers midi à l’épicerie coopérative, qui vient d’ouvrir il y a seulement quelques semaines. Une caverne d’Ali Baba bio, où l’on trouve à la fois un salon de lecture et de jeux pour les enfants et des rayons d’épicerie en un savoureux labyrinthe. Beaucoup de produits sont disponibles en vrac. Il suffit d’apporter son récipient. Fromages et légumes sont fournis par des producteurs locaux. On vend aussi de la bière maison, en bouteille ou pression. Nos amis achètent de l’épicerie, de la bière et aussi des cartes postales. Nous prenons l’apéro en terrasse.

Au moment où nous nous apprêtons à pique-niquer arrive une dernière voiture, qui s’était annoncée en retard. Nous sommes donc douze maintenant, mais nous ne serons que dix à pique-niquer au bord de l’étang, dont l’accès est jugé trop difficile par les retardataires. Ils vont donc pique-niquer sous un arbre du village. Roger nous emmène jusqu’à un terre-plein rocheux au soleil, d’où l’on aperçoit sa maison de famille, sur la rive en face. Chacun s’installe au mieux, qui au soleil sur le granite, qui dans la mousse à l’ombre, ou encore assis dans des sièges de camping tout confort. Nous avons la visite impromptue d’un autre cousin, Raphaël Denis, qui organise un rallye pour son fils de 9 ans et ses copains. Il cache un message dans le lierre d’un chêne.

Raphaël Denis, qui a épousé une Allemande et donné naissance à quatre enfants, a complètement réaménagé un des bâtiments ouvriers pour loger sa famille nombreuse. Ces bâtiments de trois étages, construits dans les années 1880 pour loger les ouvriers de l’usine, sont maintenant loués ou vendus par appartements à des particuliers. Raphaël et sa famille en occupe un à lui tout seul, avec chauffage au bois déchiqueté au rez-de-chaussée, grand séjour au premier, et chambres au deuxième étage. On peut être écolo et soucieux de son confort, si on en a les moyens !

Après le pique-nique au soleil, nous prenons le café au cul d’une voiture à l’ombre, où les bouteilles thermos étaient prêtes. Vers 15h, nous reprenons les voitures pour le bâtiment de vente des Toiles de Mayenne, construit dans la forêt proche dans le style local : murs de granite, toit d’ardoises et boiseries de chêne massif. Ces dames s’empressent de plonger dans les échantillons de tissus déstockés et les autres déambulent à l’étage où, avec textes et photos, est exposée toute l’histoire de l’usine et de sa production. Certains achètent l’ouvrage retraçant cette histoire, qui vient de paraître.

Nous continuons ensuite notre route dans la forêt jusqu’au château de Bois Salair, folie architecturale inspirée du faux Tudor écossais, construite en 1895 par un ingénieur/inventeur intrépide, Charles Weyher (qui a épousé une fille Denis). Nous arrivons au moment où les moniales du monastère orthodoxe (le château, sans descendance, a été légué à l’Eglise orthodoxe) s’apprêtent à se rendre à la chapelle pour y chanter en public. La propriétaire actuelle est déjà là-bas. Nous comprenons maintenant la raison d’une chapelle en beauté : ce n’était pas pour la messe du dimanche – rare au demeurant – mais pour le concert du samedi, que nous allons manquer, sauf une.

Nous visiterons donc le site de Bois Salair de l’extérieur, avec un salut à la tombe de l’ex-propriétaire, le prêtre Gabriel (1924-2014), enterré là dans le parc avec juste une croix de bois. Beaucoup s’étonnent des dimensions du château, pour une seule famille ne comprenant que trois enfants (un garçon mort prématurément et deux filles). Un caprice d’homme riche, inventif et qui se joue de l’inutile. Il préfère le compliqué à la simplicité, sans penser un seul instant à l’entretien, dévolu au petit personnel. Et ce n’est même pas pour épater la galerie, car le château est caché au fond des bois, sans la moindre indication en bord de route ! Le château est si mal connu que des invités au concert des moniales s’y rendent en croyant que la chapelle est là. C’est nous, les visiteurs de passage, qui devons les aiguiller vers le village !

 

Nous nous y rendons à notre tour pour étrenner le salon de thé de la boulangerie, très accueillant avec son exposition d’artistes locaux. En l'absence de la boulangère, c’est le boulanger, un peu fatigué, qui sert le café et le thé. Certains achètent encore du thé (grand choix de provenances) et des cartes postales. Et c’est l’éclatement du groupe, puisque le retour ne suppose pas de convoi. Au bout d’une centaine de kilomètres et une heure et demie de route, retour à La Flèche où chacun reprend son véhicule.

 

Compte-rendu : Roger Cans

Photos : Béatrice Vimont Desvignes


Sortie de La Salamandre aux Dureaux Samedi 28 mai 2016 à Vaas

 

Nous sommes 18 à nous retrouver sur la place de l’église de Vaas, l’après-midi du samedi 28 mai 2016, pour une visite de la réserve naturelle régionale des Dureaux, dans le val du Loir. Pour cette visite, trois intervenants : Michel Ménard pour les papillons (et autres insectes) ; Gilles Paineau, président du GSO (Groupe sarthois ornithologique) pour les oiseaux ; Adeline Lepoultier, chargée de mission au Conservatoire du patrimoine naturel sarthois (CPNS), pour les orchidées. La météo nous menace d’orage, et il va faire chaud (27°). Mais nous échappons à la pluie.

Un peu de covoiturage sur deux kilomètres jusqu’aux abords des lieux, puis marche dans le chemin des Dureaux, bordé de frênes et de saules, arbres des terres humides. Nous marquons l’arrêt devant un saule têtard monstrueux, qui forme un bouquet de bois superbe. Nous pénétrons dans une zone de prairies humides (très humides en ce mois de mai détrempé !), dans le lit majeur du Loir. Adeline explique que la réserve, d’abord volontaire, a été constituée entre 1994 et 1997, par une démarche commune du CPNS (né en 1992) et du GSO (né en 1976). Elle est devenue régionale en 2009, pour se conformer aux nouvelles dispositions de la loi. Elle couvre 13 hectares de prairies et de roselières. La région assure donc 50% des dépenses de gestion et d’entretien. Les prairies à fauche tardive (après le 14 juillet) permettent un pâturage extensif des vaches (à partir du 1er août) qui arrange tout le monde : les éleveurs fauchent gratuitement les prairies de la réserve et se paient avec le foin, qui est très riche. Un souci : la multiplication des peupleraies dans les prairies humides des particuliers qui ne sont pas éleveurs.

Bien sûr, la fauche tardive permet à toutes les fleurs de s’épanouir et donc d’accueillir tous les insectes pollinisateurs et les papillons chers à Michel Ménard, dont le rare cuivré des marais. Gilles Paineau ajoute que la fauche tardive permet l’éclosion des œufs du râle des genêts, lorsqu’il y en a, parce que le râle fait son nid au milieu des prairies. Ici, aux Dureaux, il n’y a que le râle d’eau (trois ou quatre couples), qui nichent près de l’eau et ne sont pas concernés par la fauche. Muni de ses ouvrages sur le patrimoine ornithologique de la Sarthe (disponibles chez Doucet et Thuard au Mans), Gille Paineau cite les oiseaux présents dans la réserve. Il commence par « les fauvettes des marais », comme la locustelle tachetée, qui vit dans les milieux ouverts et émet un chant de grillon. La locustelle luscinioïde, elle, préfère les roselières, comme la cisticole des joncs, que nous ne verrons pas du chemin.

Parmi les autres oiseaux, nicheurs ou migrateurs, on trouve le grèbe castagneux (de 20 à 30 sites), le faucon hobereau, amateur d’insectes comme les libellules … et parfois les hirondelles ! La bécasse est très présente l’hiver, mais toujours discrète. Il faut connaître son  « croule » (petit cri) pour la déceler. L’engoulevent, lui,  vient d’arriver. Le GSO prévoit des sorties pour le voir et l’entendre le soir près des bois, avant la nuit. L’engoulevent n’est pas farouche. La vue d’un homme ne lui fait pas peur.

Adeline propose une visite des orchidées, dans une grande prairie très humide. Seuls quelques amateurs ou photographes la suivent. On marche en file indienne, pour ne pas trop piétiner la prairie. On traverse les zones à boutons d’or, qui n’aiment pas trop l’eau, pour ne pas trop enfoncer, et l’on admire les pousses d’Orchys maxiflora, avec leurs hampes à fleurs violettes bien espacées (les « fleurs lâches »). A ne pas confondre, à cause de la couleur, avec l’Orchys mâle, présent partout en Sarthe, sur les talus et dans les prairies, mais qui est maintenant défleuri. Ces orchidées poussent par plaques nombreuses dans la prairie mouillée, en peau de léopard.

Chemin faisant, nous croisons des cardamomes, des iris jaunes, des carex, des lychnis et des pigamons jaunes pas encore fleuris. On entend au loin le concert des grenouilles vertes. Et nous débouchons sur les quelques rares pousses d’Orchys dactylarosa, ou Orchys élevée, qui est aussi de couleur violette mais dresse une hampe florale très concentrée, ce qu’Adeline appelle une « inflorescence groupée ». La fleur pousse sur une tige épaisse, où les feuilles sont plaquées à la tige. Nous avons donc vu l’orchidée vedette de la réserve, avec les pieds mouillés.

Au retour, Gilles Paineau propose une visite de l’étang de la Petite Mercerie, un ancien chantier de travaux publics comme la Monnerie, où l’exploitant a laissé un étang avec une île pour la nidification des oiseaux. « Le renard est un mauvais nageur », dit Gilles pour expliquer l’affluence (bruyante) sur l’île, pas très grande. Nous y voyons une multitude de mouettes rieuses et mélanocéphales, avec des petits. De l’autre côté de la route, un autre étang sans île où ne naviguent que des colverts. On entend le chant du rossignol.

La troupe se disperse vers 17h, alors que l’on entend le grondement du tonnerre au loin. Chacun pourra rentrer chez lui au sec, avant les pluies d’orage du soir, finalement peu abondantes. Au même moment, la foudre s’abat à Paris sur le parc Monceau (8ème arrondissement), foudroyant onze personnes abritées sous un platane géant après un goûter d’anniversaire. Le ciel est avec La Salamandre !

 

 

Compte-rendu : Roger Cans.

Photos : Béatrice Vimont Desvignes


Sortie de la Salamandre le 30 avril 2016 à Vaiges en Mayenne 

 

Visite d’un élevage de sangliers à Vaiges, en Mayenne, le 30 avril 2016. Elle a été suggérée par notre trésorier, Barnard Wacquez, qui a eu la fille de l’éleveur comme élève au lycée agricole de Sablé.

                Après covoiturage au départ de Cérans et de La Flèche, nous nous retrouvons à 18 à Vaiges pour visiter l’élevage de sangliers à la ferme du Bailleul, à deux kilomètres du bourg. Nous sommes accueillis par l’éleveur, Guillaume Hamon, un grand gaillard qui a d’abord exercé le métier de menuisier charpentier dans toute la France. Né dans une ferme familiale près de Rambouillet (Yvelines), il a appris très tôt le contact avec les animaux d’élevage (vaches jersiaises) et sauvages, notamment un renardeau rescapé d’un déterrage et une buse. Il apprend la chasse devant soi, celle qu’on pratique alors le dimanche matin pour le lapin ou le gibier à plumes.

                Alors qu’il pratique son métier de charpentier itinérant, ses parents quittent la région parisienne et s’installent dans une ferme mayennaise, au Bailleul, à Vaiges. En 1997, son père fatigué l’appelle à l’aide pour quelques mois à la ferme où il élève des sangliers (« le petit délire de mon père »). Il le rejoint et est séduit par cette nouvelle vie. Il reste. Il le fait d’autant plus volontiers que, ayant grandi trop précocement (1m80 à 12 ans !), il commence à souffrir du dos à force de manier les rondins d’une main et la tronçonneuse de l’autre. Et le voilà donc éleveur professionnel de sangliers en 1998, sans aucune formation particulière. Sa mère fait les repas pour les visiteurs de l’élevage, clients ou touristes.

                Aujourd’hui, c’est Guillaume Hamon qui prépare les charcuteries à vendre à la ferme (rillettes, pâtés, etc.) et fait la cuisine pour les visiteurs. Il a dû aménager une cuisine carrelée et une chambre froide homologuées pour satisfaire aux normes sanitaires. « La boucherie, c’est facile à faire quand on ne travaille qu’une seule viande. Il suffit d’un bon couteau en céramique ».

                Par un beau soleil mais un vent frisquet qui balaye le plateau, notre groupe embarque dans la remorque de son tracteur, aménagée pour promener les visiteurs comme dans un safari de brousse africaine. Mais nous ne sommes qu’en Mayenne, à rouler au pas dans un terrain passablement humide, labouré par le groin des sangliers. Tout au long du parcours, nous serons suivis, par une femelle et un jeune mâle, Simone et Toby, tellement apprivoisés qu’ils ne quittent plus leur maître, même au volant de son tracteur.

                A chaque arrêt, une explication : nous sommes dans un parc d’élevage de 30 hectares, entièrement clos de trois rangs de barbelés électrifiés, afin qu’il n’y ait aucune intrusion de l’extérieur ni échappée de l’intérieur. Conformément à la loi de 1994 qui impose une autorisation d’élevage (la « capacité »), le parc a le statut de zoo et est le seul habilité à recevoir des touristes. De sorte qu’il ne peut ni relâcher d’animal dans la nature, ni en capturer, mais seulement recueillir parfois un sanglier blessé ou abandonné. Naturellement, la concentration des bêtes (environ 200 têtes), dont une très grande majorité de femelles, attire parfois un vieux mâle sauvage, toujours le même. Le sanglier esseulé (160 kilos) se contente de longer la clôture, créant une sorte de chemin de ronde autour du parc. C’est ce chemin que l’éleveur emprunte avec sa moto, deux fois par semaine, pour vérifier l’étanchéité de la clôture. Normalement, un élevage de sangliers doit disposer de 3 ha par animal. « Mais ici, on dépasse largement cette norme puisqu’on a environ 750 kilos de viande à l’hectare… ». De même, la réglementation impose une rotation des parcelles. « Mais c’est impossible, car le sanglier est un animal territorial qui rejoint toujours son lieu de vie habituel ». Il a quand même monté une clôture qui divise le parc en deux, mais elle ne sert à rien.

                Le convoi nous emmène voir des laies accompagnées de leurs marcassins. Certains sont presque des nouveaux nés (15 jours), minuscules. L’une est suivie par une quinzaine de marcassins, qui ne sont pas tous à elle. Une jeune laie commence généralement par mettre au monde deux marcassins, puis le maximum est dix, comme le nombre de ses tétines. Si elle en fait douze, les petites derniers ne pourront pas téter et finiront sous la dent du renard. Même une portée normale de six comporte toujours un petit dernier plus chétif que les autres. Sébastien Lambert, notre président, qui s’y connaît en la matière, demande si la gestation du sanglier est la même que celle des cochons : 3 mois, 3 semaines et 3 jours. « C’est la même, mais les laies ont la capacité de se retenir en cas de très mauvais temps. J’ai eu ainsi une profusion de naissances en deux jours, qui ne correspondaient pas aux saillies des mâles. Même en plein rut, un mâle dominant ne peut pas saillir tant de femelles en deux jours ! ». De fait, le parc compte en moyenne deux mâles pour 40 femelles. A cette occasion, nous apprenons que le porc a 38 chromosomes et le sanglier 36. Il y a donc une légère différence.  Nous apprenons aussi que les sangliers vivent en «compagnie », et non pas en harde comme les cervidés, ni en horde comme les barbares !

                Le terrain que nous traversons est une prairie par endroits retournée par les bêtes, parsemée de joncs et de rumex, avec des abris artificiels en tôle ondulée. Certains s’étonnent que l’exploitant laisse les rumex : « Mais c’est moi qui le sème ! Lorsqu’il sèche, il sert de cache aux bêtes. Nous sommes sur un sol argileux peu fertile. On utilise les plantes rustiques ». Quant aux joncs, il sert à faire des « chaudrons », ces entassements où la laie peut se cacher et accoucher tranquille. De fait, nous avisons une grosse mère, couchée immobile dans son chaudron. Elle va accoucher. Va-t-on l’aider ? « Surtout pas ! Il ne faut pas avoir de contact physique avec les bêtes, qui se débrouillent très bien toutes seules ». Mais le renard est toujours là : il m’a laissé cinq marcassins sur une portée de douze.

                Elevage signifie vente ou abattage. Guillaume Hamon explique sa méthode, mise au point après sept ans d’apprentissage sur le tas. Lorsqu’il veut vendre un animal à l’abattoir, il le tue lui-même, sur place. Pour cela, il prend son tracteur à godet, son fusil et tire l’animal choisi. « La balle, ultra rapide, l’atteint la tête de l’animal avant même qu’il ait pu entendre la détonation. Donc aucun stress, qui pourrait rendre la viande moins bonne. Mieux qu’à l’abattoir ». Je dois faire très attention aux voisins, par exemple celui qui tond sa pelouse au même moment. Je ne tire que vers l’intérieur. Le cadavre est placé dans le godet, marqué à l’oreille par une bague, obligatoire pour tout animal sortant de l’élevage mort ou vif, puis emmené en voiture à l’abattoir de Craon, à une heure de route. Il faut faire vite car la DSV (la direction vétérinaire) exige que le délai entre la mort et l’abattoir ne dépasse pas deux heures. La carcasse débitée est récupérée deux jours après, et la viande vendue à des particuliers. Mais les abattoirs connaissent une baisse terrible de la demande. « Quand je me présentais en 2000, j’avais une demi-heure d’attente, car il y avait 12 à 20 clients. Aujourd’hui, quand je me présente le vendredi matin, je suis seul ! ».

                S’il veut vendre des pensionnaires vivants, l’éleveur doit d’abord les capturer, ce qui n’est pas une mince affaire avec les sangliers, animal ingérable par définition. Pas de seringue hypodermique ici, mais un seul truc : la gourmandise. Il faut placer de la nourriture appétissante dans une cage piège. Soit des céréales ou des pois cultivés sur l’exploitation, soit quelques pommes ou pêches de refus, que des camionneurs lui livrent gratuitement pour ne pas payer la mise en décharge. Une fois la ou les bêtes prises au piège, on les dirige dans une cage plus petite pour le transport. Les bêtes vivantes sont vendues pour le repeuplement  des parcs de chasse. « Je vends ainsi la moitié de ma production. On m’en demande jusqu’en Bulgarie, où ils vont être tirés par des chasseurs français ! ».

                A propos de chasse, Guillaume Hamon nous apprend qu’il dispose plus loin d’un parc de chasse de 30 hectares, où on ne fait pas d’élevage mais du dressage de chiens. Il s’agit de lâcher les chiens d’un client pour leur apprendre à débusquer le sanglier, puis à le cerner, sans le tuer. Dans la nature, c’est le propriétaire de la meute qui tue le sanglier forcé par les chiens, comme à la chasse à courre, mais sans les chevaux. « Il arrive que des clients un peu braconniers tuent le sanglier, mais je m’y oppose. Normalement, les chasseurs de sanglier n’ont pas d’arme ». Parmi ses clients, il aurait des smicards avec quelques chiens, des lieutenants de louveterie, des grands patrons avec une meute, bref tous ceux qui se passionnent pour cet exercice bizarre de la chasse au sanglier avec ses chiens. « C’est un milieu très fermé : les gens se connaissent tous, de Lille à Marseille » dit Guillaume Hamon, qui organise en moyenne dix chasses par an. Mais il reçoit des meutes du très grand Ouest tous les jours.

 

                Question : la durée de vie d’un sanglier ? « Comme un chien, 14 ans. « Maurice, un sanglier que j’ai élevé au biberon depuis sa naissance, est toujours vivant. Il a tourné durant trois saisons avec TF1, notamment avec Thierry Lhermite ». Nous ne pourrons pas le voir. Nous quittons le parc sans avoir pu acheter la moindre charcuterie, non disponible. Qu’importe : nous pourrons revenir lorsque le restaurant et la charcuterie seront approvisionnés. La Flèche n’est qu’à une heure de route de Vaiges.                                                                                                       

Compte-rendu : Roger Cans.

Photos : Béatrice Vimont Desvignes


Nuit de la Chouette, vendredi 25 mars, Espace Gérard Véron à Cérans Foulletourte

 

- C’est devant 25 personnes présentes que Jean-Yves Renvoisé (adhérent LPO) passionné par les rapaces nocturnes et en particulier de la Chouette chevêche, a su nous faire partager sa passion. 

Les principaux rapaces vivants sur notre territoire sont, La Chouette chevêche (Athene noctua), la Chouette hulotte (Strix aluco), l'Effraie des clochers (Tyto alba)

le Hibou moyen duc (Asio otus).

Pour toutes ces espèces le constat est le même, la disparition de leur habitat naturel fragilise leur population. 

 

Comment les protéger?

 

- Il suffit de garder les vieux arbres creux

- Planter des arbres fruitiers à hautes tiges

- Planter des haies champêtres y compris des saules qui pourront être tailler en têtard.

- Grillager les cheminées

- Ne pas utiliser de pesticides dans le jardin ou au verger.

- Installer des nichoirs là où les cavités naturelles font défaut.

 

La prévention

 

- Obturer les poteaux des PTT creux

- Mettre un pieu dans les abreuvoirs ou baignoires car un grand nombre de jeunes chouettes peuvent s'y noyer.

  

 

 

La soirée s'est terminée à 22H30 après une tentative d'écoute des chouettes en campagne et le pot de l'amitié. 

 

Ci-dessous une interview de Jean-Yves Renvoisé sur la Chouette chevêche faite le 29 juin 2015.

 

 

 


 Sortie Salamandre du 19 mars 2016 élevage de salamandres

 

Nous étions 23 répartis en 5 voitures.. On traverse le centre-ville jusqu’à la grand place. Coup d’œil au château, au Palais de justice et à la prison contigüe. De cette grand place, on emprunte la petite route qui passe entre la prison (ancienne)  et la mairie (ultra-moderne). On roule environ 3 km sur la petite route (D 141) qui domine la vallée du Couasnon. Un petit parking à droite signale le dolmen appelé La Pierre Couverte. A gauche, un sentier y conduit à travers un taillis (propriété privée).

*On remonte en voiture et l’on roule 2 km jusqu’à Pontigné, où l’église au clocher « tors » (toiture torsadée) mérite le coup d’œil. L'église était ouverte, ce qui nous a permis d'admirer les fresques et une très belle maquette de clocher tors réalisée par les Compagnons du Tour de France, ceux qui ont précisément restauré le clocher. On fait le tour de l’église romane (fermée) et l’on repart pour Baugé par la même route (D 141), soit 5 km.

*Retour sur Baugé et sa grand place. On sort de Baugé par le sud et l’on prend  vers l’est la route de Noyant (D 766), mais seulement sur un petit  km. Au rond-point, on prend une petite route à droite (D 58) en direction de Le Guédéniau (où l’on reviendra plus tard) et Mouliherne, commune la plus éloignée de notre tour.

*Dans le bourg de Mouliherne, prendre une rue à gauche en direction de Vernantes. On roule 2 ou 3 km parmi les vergers de pommiers jusqu’à une usine (cheminée à droite) et une scierie à gauche (stock de palettes). Un peu plus loin, un petit écriteau indique à gauche la petite route qui conduit au gîte des Dérouinières, qui se trouve à gauche de la route. C’est là que se trouve un arbre remarquable, véritable monument historique : un châtaignier qui mesure 16 m de circonférence. Le propriétaire du gîte s’appelle Stéphane Michaud (02 41 67 97 00). Au retour, un coup d’œil à l’église de Mouliherne (toujours ouverte) où se trouvent une belle cloche de bronze restaurée (au sol) et trois sarcophages de l’époque carolingienne.

*On repart pour Le Guédéniau, dernière étape de la tournée. Sur la place centrale, côté droit, on passe devant le bar restaurant et, là, on tourne à droite en direction de Lasse (D 186). Au bout de deux km, on arrive au château de Theil, indiqué en petit à droite. C’est là, dans ce château partiellement en ruines, que vivent deux familles avec enfants. Nous pénétrons tout droit, jusqu’à une grange et le logis d’Arnaud Jamin, notre hôte (02 41 82 24 02 ou 06 07 15 61 67). Arnaud, intermittent du spectacle, s’est pris de passion pour les salamandres, en fait tous les batraciens à queue, appelés salamander en anglais. En France, nous avons la salamandre et les différents tritons. Mais Arnaud Jamin élève toutes sortes de batraciens à queue, venant du monde entier. Il ne vend pas, ne donne pas, ne relâche pas dans la nature. Tout ce qu’il a le droit de faire, c’est échanger avec d’autres collectionneurs comme lui (trois en France, davantage en Allemagne).

La visite comporte la tournée des vivariums, terrariums et aquariums, où se cachent les batraciens qui reprennent vie après l’hivernage. Il n'y a pas eu de projection mais une visite complète des installations dont une grotte nouvellement aménagée et nous avons terminé par un pot de l'amitié.

 

 

Compte-rendu : Roger Cans

Photos : Michèle Jaub et Serge Véron


Sortie ornithologique Samedi 27 février 2016 aux étangs de Saint Jean Du Bois

 

- En partenariat avec la LPO et emmenés par Jean-Yves Renvoisé, 32 adhérents ont pu observer les oiseaux hivernants aux étangs de Saint Jean du Bois. Le temps était ensoleillé et froid, propice à bien des observations. 

 

 - Etang de la Bonde / Saint-Jean-du-Bois (72)

 

Cygnes tuberculés (Cygnus olor)               

 Canards chipeaux (Anas strepera)                          

 Fuligules milouins (Aythya ferina)                         

 Fuligules morillons (Aythya fuligula)                  

 Grèbes huppés (Podiceps cristatus)                   

 Grands cormorans (Phalacrocorax carbo)                          

 Buses variables (Buteo buteo)                                 

 Foulques macroules (Fulica atra)                          

 

 - Etang de Gilbert / Saint-Jean-du-Bois (72)

 

Fuligules milouins (Aythya ferina)                        

 Fuligules morillons (Aythya fuligula)       

 Grèbes huppés (Podiceps cristatus)                      

 Grands cormorans (Phalacrocorax carbo)            

 Hérons cendrés (Ardea cinerea)                             

 Buses variables (Buteo buteo)                                 

 Foulques macroules (Fulica atra)          

 Mésanges à longue queue (Aegithalos caudatus)            

 Mésange bleue (Cyanistes caeruleus)    

 Sittelles torchepots (Sitta europaea)  

     

   Posés sur les nids. Héronnière composée de 33 nids apparents       

        

 


LAssemblée Générale s'est tenue à l'espace Gérard Véron le samedi 9 janvier à 15H00, avec la participation de Mr Gérard Dufour, maire de Cérans Foulletourte. 


Samedi 9 janvier 2016 à 15H00 , La Salamandre, association qui a pour but de faire découvrir et aimer la nature, l'environnement et le patrimoine sous toutes leurs formes, a tenu son assemblée générale à l'espace Gérard-Véron.

Le président Sébastien Lambert a présenté les rendez-vous pour la nouvelle année, tels que l'observation des oiseaux hivernants aux étangs de Saint-Jean-du-Bois samedi 27 février ; la visite d'un élevage de salamandres samedi 19 mars ; la visite d'un élevage de sangliers samedi 30 avril.

Un film intitulé Voyage en Éthiopie a été projeté à la fin de la réunion.

Renseignements : Sébastien Lambert, tél. 06 32 09 88 62 ; Béatrice Desvignes, tél. 06 14 23 39 38. Site internet : http://www.lasalamandre72.fr/

Article écrit par Stéphanie Didier, correspondante de Ouest France